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lundi 2 janvier 2017

Voeux 2017 - Dixième année de ce Blog

Bonjour cher Lecteur, chère Lectrice,

2017, dixième anniversaire de ce blog !

Chaque année, j’ai pris l’habitude de venir publier mes vœux sur ce blog.

Ces vœux permettent tant Pour Vous que pour moi de ‘se recaler’ tout en restant en ‘décalage’ pour mieux garder nos spécificités d'analyse.

Quel intérêt y aurait-il d’avoir un blog qui s’intitule ‘Point de Vue Décalé’ si autant vous lecteur que moi-même n’y trouvions pas quelque chose qui nous permette d’avancer en cette nouvelle année 2017 ?

Ainsi en pensant à mon fils Benoit, 16 ans, qui a librement choisi la voie d’étudier l’Histoire, je me permets modestement de revenir sur la petite histoire d’il y a 10 ans. En effet, le recul et l’apprentissage nous permettent de créer de nouvelles voies d’avenir et de comprendre certains changements accélérés pour 2017.

En 2007, j’écrivais cet article de blog « Ratatouille Collective » J    Il est fascinant de relire cette phrase : « Travailler ensemble de façon non hiérarchique c’est quelque chose qui s’apprend ! Une partie de cet apprentissage se fait bien « sur le tas » ».  En mirroir, quel que soit le niveau officiel de diplôme ou d’études des personnes qui travaillent avec moi aujourd’hui, elles peuvent mesurer à quel point il est essentiel de Désapprendre à Travailler  pour s’adapter à ce monde en mutation accélérée. 

« Le temps passe ... Le monde ne nous attend pas. »

Le besoin de « remettre l’Ascenseur Social en marche » se transforme aujourd’hui en besoin de ‘Motivation Sociale’ [Ndlr : Pensée à Fanny D., 23 ans] tellement il devient nécessaire de revaloriser le travail de ceux qui travaillent justement. Sera-t-il possible en 2017 de recréer une certaine forme d’abondance pour tous ceux et celles qui se bougent ? En tout cas, justement, il y a besoin d’une juste rémunération à efforts donnés. Faut-il toujours se référer à une rémunération à l’heure ? A la tâche ? Faut-il que certains mettent d’autres hommes et femmes en coupe réglée sans autre espoir que de subir ? Subir le pouvoir de quelques uns ? Subir une fiscalité globale considérée comme de plus en plus injuste par rapport à ceux qui ont plus intérêt à rester dans un système qui encourage l’assistance [Ndlr : "Du pain et des Jeux"] ?

On a besoin de personnes qui, même dans le cadre (militaire) sont également capables de ‘sortir du cadre’ à titre personnel. Pensée à « Caroline Aigle qui fut la première Française pilote de chasse et pionnière ». Nous avons un besoin impératif de pionniers même si leurs prises de position peuvent interroger.

J’ai recontacté les personnes mentionnées dans la « Ruche de la Micro entreprise ». Il est intéressant de retracer le parcours de ces personnes en dix ans. En tout cas en France, notre société évolue fortement vers la valorisation de ceux qui travaillent en leur nom, leurs compétences. L'Allemagne montre la voie en Europe. Reste à trouver des solutions pour travailler avec les ‘acheteurs’ dont le métier sera amené à évoluer sous peine de muter encore plus fortement. J’ai la chance d’en avoir trouvé deux qui fonctionnent mais d’autres existent sans doute et vont certainement émerger.

« Régimes spéciaux » « Qui est décalé ? » Dix ans après, on constate que le système entier des régimes spéciaux est en voie de recomposition tant il était nécessaire de rééquilibrer et de simplifier la relation ‘droits et devoirs du travail’.

Cette phrase résonne d'une incroyable force « Notre pays est actuellement pris en otage par certaines corporations pour ne pas dire certaines baronnies. Par ailleurs un certain nombre d'informations sont soit tronquées soient incomplètement fournies aux citoyens. Les français qui prennent des risques, travaillent dur en ont assez ! » On peut encore croire que des formes d’  « engagement citoyen » vont finalement transformer en profondeur la société en 2017 à la vue des tremblements politiques en cours d’ici les élections présidentielles des 23 avril et 7 mai et des législatives des 11 et 18 juin 2017.

En conclusion, à mon niveau de citoyen et d’entrepreneur, je vous invite à travailler avec des personnes comme moi sur le segment de compétence que vous trouverez utile de partager dans une co-construction. L’essentiel c’est que la somme de ces compétences créent de la valeur pour les deux et si possible dans une perspective de développement durable.

Que 2017 soit Pour Vous et pour moi, ensemble, une année de Respect, d’Abondance et de Joie(s).

vendredi 3 août 2007

Ratatouille Collective

Le mois d’août est généralement chaud. Cette année, il est même brûlant pour bien des pays d’Europe. La Ratatouille est associée à l’image de ce sud et à cette chaleur. Et pourtant ce plat émane une image de fraîcheur et de quiétude.

D’un côté, nous avons des éléments constitutifs de base « légumes frais » cuits dans un peu d’huile d’olive, et de l’autre des papilles délicates pour une dégustation inattendue. Du classique, du connu et du « fastoche » diront le plus grand nombre.

Dans le film « Ratatouille », le plus grand nombre justement est représenté par des rats qui touillent et préparent le bon mélange lors d’une séquence du film d’animation réalisé par les studios Pixar…

Le plus grand nombre s’assimile donc à tous ces hommes et femmes qui constituent notre société. Ils vivent et agissent pour la plupart comme ils « doivent le faire » : des lois existent, des habitudes sociales et des traditions ancrent le « bien faire », la pression inconsciente de faire « comme les autres » rémane …

Or, certains se veulent différents, ou le sont, tout simplement. Ils sont des « originaux », ils sont ou se sentent « différents ». Hélas, certains le vivent mal, angoissent e ne sauteront jamais le pas de « faire différent ». D’autres encore vivent moultes hésitations, entre le bien-pensant traditionnel, les spécificités et idées ou traits de caractère qui leurs sont propres.

Ainsi Rémy, le rat mis en scène par Brad Bird est différent des autres. Il a ce « quelque chose » que ses congénères n’ont pas. Il a un « don », des capacités que ses frères de sang n’ont pas : le « Nez », le « plaisir de l’imagination » et du « savoir-faire d’un cuistot ». Et oui, toute sa fratrie mange n’importe quoi au grès des rencontres, des poubelles et de leurs larcins !

Il est raillé, se fait « chambrer et mijoter » dans le jus de l’uniformité de ses pairs jusqu’au moment où, grâce partiellement aux hasards de la vie, voire de sa survie (les « cascades »), et à son tempérament imaginatif, il décide de mettre en pratique ses propres idées.

Mais voilà, cela ne sert à rien « d’avoir raison » s’il n’est pas possible d’en réussir la mise en pratique, ou bien de convaincre le plus grand nombre. Rémy doit donc composer avec ses limites tant morphologiques (il est un rat) que culturelles (il fait parti d’une grande famille qui fuit les hommes) mais aussi avec son « environnement ». Il y a d’autres acteurs autour de lui !

Ainsi pour mettre ses idées en pratique, il doit apprendre à communiquer avec Linguini, cet autre personnage qui, comme lui, est si atypique et paraît de prime abord comme un peu abruti, gourd voire un incapable. Et en plus, il arrive sur scène avec une lettre de recommandation qui l’amène à devoir s’occuper … des poubelles ! Vous parliez d’environnement ?

Pour communiquer, il doit trouver le bon média avec Rémy : les cheveux de Linguini ! L’idée, simple, d’utiliser les cheveux comme moyen de communication entre la volonté de Rémy et les muscles de Linguini est bonnement géniale et … innovante. On notera que l’idée a germé dans la douleur entre deux êtres voulant communiquer, mais dont l’un des acteurs a failli tout laisser tomber, car communiquer par morsures n’était pas un très bon moyen de communication ! C’est donc après un assez long processus d’apprentissage que Rémy put transmettre à Linguini son talent et réciproquement réagir à bon escient aux stimuli de Rémy (et … apprendre).

Ensuite, on mesure que la communication ne peut à elle seule permettre d’atteindre l’objectif de réaliser les rêves de Rémy, ni à Linguini d’aller au-delà de ses timidités et restrictions. Tant Rémy que Linguini ne parviennent à éclore de leurs personnalités par la seule bonne volonté et les outils de communication.

Linguini est un membre de la « Cuisine », organisation qui est très hiérarchisée et … structurée. Le Grand Gusteau, décédé, mais représenté par son avatar, hante les lieux, sur lesquels Skinner (celui qui vous fait la peau) règne en maître incontesté. Le décor est donc planté : il y a un environnement classique, des hommes et une femme, seule, Colette, des process (processus) de travail dûment validés où l’imagination et l’originalité ont disparu au profit d’un risque minima de fiches réglées au millimètre. Et que veulent les clients ? Certes du « sûr » et du « bon », mais aussi « du nouveau » dites-vous ?

Dans une telle organisation il ne peut y avoir de place pour l’inattendu, « l’original de service », « l’artiste »,… Par ailleurs chacun garde son savoir-faire. Chaque acteur de la scène n’a aucun intérêt à le partager. Au contraire, partager peut voir s’anéantir des années de travail et d’efforts personnels… C’est Colette qui nous le rappelle : elle, la femme laborieuse, intelligente et vive (cf les couteaux qui immobilisent la manche de Linguini), s’expose par sentiment amoureux à aider ce « Guignol » ! Elle a aussi la rage au ventre quand elle croit déceler qu’elle le trahit alors que c’est Skinner le vrai coupable et… l’Avare…

Voilà ! Rémy doit apprendre à travailler avec Linguini, Linguini doit écouter les conseils de Colette et Colette doit non seulement composer avec les autres sans en être le capitaine, mais aussi se jeter corps et âme dans la réussite de l’aventure !
Travailler ensemble de façon non hiérarchique c’est quelque chose qui s’apprend ! Une partie de cet apprentissage se fait bien « sur le tas » mais l’autre est inspirée par le Grand Chef Gusteau qui, contrairement au « Gourou », révèle les capacités de chacun dans la liberté de choix individuelle et dans l’intérêt des personnes et des autres …

Travailler ensemble ne suffit pas à atteindre l’objectif. Les spectateurs s’en aperçoivent rapidement en regardant les différents acteurs en présence avec lesquels Remy, Linguini et Colette doivent composer :
- Emile est le lien avec la communauté des rats, cette communauté de « l’Underground », détestée par les humains,
- Ego, le critique sévère, aux sentiments absents, représente le pouvoir des médias,
- L’inspecteur des services d’hygiène, anonyme, représente l’Etat avec ses lois et ses textes en vigueur,
- Les personnes attablées dans le restaurant représentent les consommateurs
- …

Et c’est là que rentre le concept de la « collaboration », concept qui va au-delà du simple travail entre individus, qui permet à des acteurs d’horizons hétérogènes, distants voire antinomiques de coopérer… au-delà de rapports de forces traditionnels… et des cultures.

Après le départ de toute l’équipe de cuisine, Rémy doit composer avec les moyens mis à sa disposition qui ne sont pas ceux habituellement escomptés ou prévisibles pour arriver à mener à bien son projet à terme. Il va donc, avec les « moyens du bord », innover et inventer des concepts nouveaux de travail. Ainsi, pour que les rats puissent se laver les mains , la bonne trouvaille sera d’utiliser la lessiveuse collective. Les rats doivent travailler en équipes coordonnées pour compenser leurs faiblesses dont leur taille. Colette doit aller au-delà d’elle-même pour aller au devant des autres et aider Linguini. Linguini doit lui sortir de lui-même et exprimer ses dons d’artiste : servir les clients du restaurant sur des patins à roulette!

Je terminerai ce texte sur le fait connu mais peu intégré que l’innovation provient souvent de l’inattendu, de l’atypisme de celui ou celle qui, si original ou si artiste, court le risque quotidien d’une possible marginalisation, tout en ayant ce potentiel si puissant de faire avancer et se différencier du plus grand nombre. Les dernières minutes de Ratatouille le montrent bien : le grand restaurant ferme car les services d’hygiène auront le dernier mot … et le concept du « Bistro spécialisé » (d’un côté les humains dans leur salle et de l’autre les rats ayant appris le goût des bonnes choses) émerge en différenciateur de marchés.

Ego, qui ne pensait qu’à lui, qui ne réalisait pas « ce qu’il y avait derrière ce qu’il mangeait » vient avec un très grand plaisir se délecter les babines, comme dans son enfance, simplement, … en homme.